Matsuri intime

Elle entretenait le parc où sont entreposés les palanquins sacrés. Portés à l’épaule lors des processions, chaque mikoshi accueille temporairement une divinité du shintoïsme. Entre deux fêtes, les précieux réceptacles sont endormis, soigneusement rangés dans leurs abris. 

Elle venait souvent, seule, accomplir ça et là de menus travaux de jardinage. De temps à autre, elle était accompagnée d’une poignée de membres de la communauté de quartier. Quand je lui demandai si je pouvais la prendre en photo, elle parut interloquée : moi, petite vieille mal attifée et mal peignée, en photo ? L’espace d’un instant, ses yeux en demi-lune semblèrent vouloir me percer à jour. Elle ne se départit pas, pour autant, de son sourire. Par moments, un vent léger soulevait son tablier et agitait quelques mèches de cheveux blancs.
Il faisait beau, elle était magnifique.
À lui seul, son regard rieur était une fête. 

Derrière, la colline bétonnée semblait vivante. Elle m’évoquait un corps couvert d’écailles ou une carapace immense.

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